Pourquoi un nouveau média?

Ecrire et réfléchir face à une époque incertaine

Cela fait approximativement quinze ans, que j’ai commencé à écrire. Le blog était alors une nouvelle mode. Il m’a permis, au commencement, de faire entendre une voix. Celle d’un policier qui qui avait la volonté de montrer « l’envers du décor ». Le quotidien d’un enquêteur. S’agissant d’un policier, j’ai le sentiment d’avoir fait figure de pionnier en la matière, tant la crainte du « devoir de réserve » était forte. Il me semblait pourtant qu’il y existait un espace où l’on pouvait parler de sa profession, de façon posée, construite, sans déroger à cette obligation.

Un blog, puis deux. France Télévisions m’a ensuite contacté pour me proposer de tenir une chronique sur leur plateforme. L’opportunité d’une visibilité encore différente. La mode a passée. France Télévisions n’a plus souhaité conserver cette collaboration. Et puis, disons le, le temps avait un peu épuisé les sujets.

Est alors venu le temps d’écrire… trois livres, en l’espace de cinq années.

Tout d’abord sur l’enquête judiciaire. Puis sur les difficultés que rencontre la police. Et enfin, sur la criminalité organisée.

Je rêve encore d’écriture. D’un polar, notamment. Un jour, peut-être.

Mais en attendant, ce besoin d’écrire reste intact. Parce que, le simple fait d’écrire fait réfléchir. Oblige à chercher, creuser le sujet. Et qu’il permet ainsi de découvrir, et d’enrichir la pensée.  

Et puis, je crois que l’époque que nous vivons s’y prête. Une campagne présidentielle qui s’amorce, combinée à une nouvelle réalité d’élu local, pour moi. En effet, j’ai été élu maire d’une petite ville de 4000 habitants, dans l’Oise, en mars dernier. Et après huit années de détachement au ministère de la justice, j’ai réintégré la Police Nationale.

Mon quotidien est donc partagé. La Police et la mairie. Avec tout de même, une vie de famille. Tout un équilibre à gérer.

J’espère ainsi échanger ici sur des sujets de société. La politique, la sécurité au sens large (sans parler de mon activité personnelle de policier, devoir de réserve oblige).

J’ai des choses à dire. A partager. Et je suis certain qu’avec vos regards, je peux aussi m’enrichir. Continuer à apprendre. Je rester persuadé que c’est la somme de la pensée de tous qui peut nous amener à de meilleures décisions. Et mon quotidien d’élu me le démontre. C’est exigeant, difficile. Mais ça en vaut la peine.

Aussi, si c’est possible localement, pourquoi ne le serait-ce pas plus largement.

L’intelligence collective est pour moi le meilleur rempart contre les postures dogmatiques. Je ne crois pas aux recettes des partis populistes et/ou extrémistes, qui font croire que des solutions simples existent pour répondre à des enjeux complexes. Comme effacer la dette d’un Etat par un coup de baguette magique. Ou que les étrangers sont responsables de la situation d’un pays.

Enfin, un détail, qui peut ne pas en être un. Oui, je suis adhérent du parti « Horizons ». Ce qui ne m’empêche pas de conserver un esprit critique lorsqu’il le faut. Parce que, là aussi, je considère qu’il est aujourd’hui impossible d’adhérer à 100% à ce que propose un homme politique ou un parti. Mais je fais le choix, si je ne suis pas d’accord, d’essayer, de l’intérieur, de faire changer d’avis. Là aussi, c’est exigeant, difficile, tant il y a de barrières qui rendent complexes de se faire entendre « en haut », mais c’est le sens de ma démarche.

Si j’assume mes engagements, j’échange avec autant de plaisir avec des acteurs venus d’autres horizons politiques (ou qui n’ont pas de chapelle, et ils sont nombreux), dès lors qu’ils s’inscrivent dans l’arc républicain.

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Et je vous dis à très bientôt.

OPJ au carré - Jeune élu, et vieux policier

Par Christophe KORELL